La réunion d’information

Avant qu’une personne ne puisse participer au Réseau des Possibles, on lui demandera un seul préalable : avoir participé à une "réunion d’info". Celle-ci permet à chaque postulant de voir s’il se sent prêt à cette aventure. Autant dire qu’il s’agit plutôt de lui montrer quelques aspects dérangeants que le Réseau peut avoir pour lui, et non d’une opération séduction !

La réunion est animée de préférence par deux membres du réseau, qui sont habitués aux objections-types.

Déroulement matériel

Chaque membre se présente, et il y a un premier tour de table où tous les présents se présentent brièvement (comment ils sont arrivés là ? Leur prénom ? Si ils veulent le dire, ce qu’ils font dans la vie, ou leur formation, ou leurs hobbies ? Chacun peut rester vague, sauf les organisateurs qui doivent préciser qui ils sont.)

Puis exposé général, pas trop long (20 minutes) pour ne pas lasser les assistants. Il s’agit de lancer un débat, non de faire une conférence.

Points à aborder :
- la tolérance active, en quoi elle consiste, à quelles nécessités elle répond.
- pourquoi nous proposons de créer un réseau des Possibles. Insister sur le caractère singulier du réseau : il n’y a pas de lieu équivalent.
- Exemples des gens qui peuvent adhérer : de l’extrême gauche à l’extrême droite, des religieux et des athées. Ne pas hésiter à donner des exemples qui peuvent gêner ou choquer les participants.
- Citer des activités-types faites par le réseau : discussions à thème (« qu’est-ce qui fonde la différence gauche/droite ? », « quelles sont nos insatisfactions dans la vie ? ») – sorties (visite des catacombes à Paris ; se mêler à des supporters de foot ; participer à une séance de méditation dans un centre bouddhiste…) – expériences et échanges de savoirs (une séance de sophrologie ; une initiation à la musique médiévale…)

Lancer la discussion de façon ouverte, demander aux gens les questions qu’ils veulent poser. Laisser les gens s’exprimer, développer leur point de vue même si cela vous paraît tout à fait inexact. En général ils vont développer telle ou telle objection-type, ce qui vous donnera l’occasion ensuite de préciser différents aspects du réseau. Le plus souvent on vous demandera « qui est derrière » le réseau, si c’est une secte…

Quand on a pas envie d’être tolérant

Beaucoup diront qu’ils sont d’accord avec les idées du réseau. Demandez-leur alors s’il n’y a pas des gens qu’ils refuseraient d’écouter. Testez-les, provoquez-les, voyez jusqu’où ils acceptent d’aller… L’ami d’Israël acceptera de discuter avec le pro-palestinien, et réciproquement ? Le laïc sera-t-il prêt à entendre la femme voilée ? Le mangeur de viande acceptera-t-il de découvrir les arguments du végétarien ? Chacun a ses limites, pour certains on ne peut pas discuter avec un raciste, pour d’autres c’est avec un intégriste musulman, ou un libéral, ou un communiste, ou un homosexuel etc. Il faut dire sans détour que, dans le cadre du réseau, chacun peut être amené à rencontrer ces gens qu’il refuse, a priori, d’écouter. Il faudra se sentir prêt non seulement à les écouter, mais avoir envie d’être curieux et d’explorer leur univers mental – sans y adhérer bien sûr…

Tout individu, pour participer au réseau, doit se dés-identifier avec son moi, ses croyances favorites, ses réflexes émotionnels pavloviens. Si une personne ne veut pas ou ne se sent pas prête à cette attitude d’ouverture, limitée au cadre du réseau (elle peut rester tout à fait intolérante une fois sortie du réseau !), alors elle ne peut pas participer.

Là-dessus, on ne peut faire AUCUNE CONCESSION. C’est le point absolu qui défini le réseau.

Certains voudront aller jusqu’à l’extrême et toucher l’intolérable ; ils se demanderont peut-être si un membre peut lancer un débat où il exposerait les théories les plus malsaines et sophistiques. Pour approfondir cette question voir article Peut-on discuter avec les fascistes ?

Mais le réseau admet la contradiction, il la recherche même. Ainsi, au sein du réseau, quelqu’un est libre de proposer un exposé pour vanter les mérites de l’intolérance, de la violence au nom d’une Vérité, ou, dans un autre registre, pour promouvoir le mode de vie du « beauf’ » et les attitudes les plus opposées au Réseau. Il pourra organiser sa réunion, elle sera annoncée dans l’Agenda comme toute autre activité, à condition qu’il accepte que son point de vue puisse être soumis à la critique et au débat contradictoire.

Pour les gens qui ont bien compris à quel détachement le réseau les engage, leur demander si ils veulent participer. Insister sur la gratuité et le non-engagement en temps et en énergie. Participer, cela consiste en gros à s’inscrire sur le site, à pouvoir lire les annonces d’activités et à y venir si on a envie.

ATTENTION, si vous repérez durant la réunion d’info une personne indésirable (non pour ses opinions, qui sont entièrement libres au réseau, mais pour sa façon d’empêcher les autres de s’exprimer), évitez de lui donner un passe pour le site. Eventuellement vous lui expliquerez après la réunion que son comportement ne convient pas dans le cadre du réseau, si elle voulait participer.

Pour organiser une réunion d’info, le plus difficile est de trouver le lieu (café, local associatif, ou appartement d’un participant, voir un endroit retiré dans un jardin public !). Après ou avant cette réunion d’info, on peut tenir une réunion interne du réseau, pour traiter les problèmes courants, organisation, adhésions, stratégies etc.